MenstruTech ?
Le terme MenstruTech a été inventé par la journaliste Lucie Ronfaut pour décrire les technologies numérique de gestion des règles, comme les applications smartphone de suivi des cycles menstruels. Il fait écho au terme « FemTech », popularisé par Ida Tin, fondatrice de l’application Clue, pour décrire l’ensemble du secteur dédié aux technologies innovantes pour la santé des femmes.
Les applications de suivi des cycles menstruels ont fait leur apparition sur nos smartphones au milieu des années 2010 et se comptent par centaine dans les magasins d’applications de Google et d’Apple. Les plus connues d’entre elles, comme Clue ou Flo, revendiquent aujourd’hui plusieurs millions d’utilisatrices dans le monde entier.
Ces applications proposent de renseigner la date des règles, pour obtenir des prédictions et des notifications : date des prochaines règles, ovulation, syndrome pré menstruel… Outre l’arrivée des prochaines règles, ces applications peuvent aussi être utilisées pour mieux comprendre son corps, pour suivre des symptômes douloureux et identifier leurs causes, pour compléter ou remplacer un moyen de contraception, ou encore comme une aide à la conception.
Flux de sang,
flux de données
Etudier le rôle des applications de suivi des cycles menstruels
dans la production de savoirs sur les menstruations
MenstruTech, c’est aussi le nom de notre projet de recherche, qui vise à mieux comprendre ces technologies et leurs acteurs. Nos recherches portent sur celles et ceux qui utilisent ces applications (les femmes cisgenres, mais également les personnes trans et non binaires), qui les conçoivent ou qui les régulent. Nous nous intéressons également aux enjeux de vie privée et de protection des données personnelles, ainsi qu’aux chercheur-ses et aux soignant-es aux prises avec ces nouvelles technologies de recherche et de soin. Enfin, dans un contexte de menaces des droits à l’avortement, notre équipe mène également une veille sur les risques potentiels de ces applications.
Le projet de recherche MenstruTech est dirigé par Marion Coville, maître de conférences en sciences de l’infocom à l’Université de Poitiers. Les premières enquêtes ont été menées à partir de 2018. Le projet MenstruTech est soutenu et financé par l’Agence Nationale de la Recherche depuis 2024, dans le cadre du dispositif ANR JCJC. L’enquête de terrain auprès des MenstruTech open source et alternatives a été réalisée grâce au programme d’Open Fellowship du Weizenbaum Institute (Berlin, Allemagne) en juin 2025. La recherche centrée sur les usages et les utilisatrices adolescentes bénéficie d’un financement par la Région Nouvelle Aquitaine depuis 2025.
Les enquêtes menées
Les usages des MenstruTech
Utilisateur·ices Soignant·es Educateur·ices
- Comment les utilisatrices produisent elles des connaissances sur leur propre corps ?
- Comment navigue-t-on dans ces interfaces lorsque l’on est trans ou non binaire ?
- Comment ces outils façonnent-ils l’expérience corporelle de celles et ceux qui les utilisent ?
- Quel rôle occupe ces applications dans la relation entre les patient·es et les soignant·es ?
- Comment les acteur·ices de l’éducation à la santé sexuelle appréhendent ces nouveaux outils ?
Les coulisses des MenstruTech
Concepteur·ices Scientifiques Régulateurs
- Quel rôle jouent les données personnelles des utilisatrices dans les modèles économiques de ces applications, et quels enjeux cela soulève-t-il pour leur vie privée ?
- Comment les concepteurs de ces applications gèrent-ils l’équilibre entre expérience utilisateur, transmission de savoirs scientifiques et rentabilité économique ?
- Comment les chercheur·ses utilisent les données issues de ces applications pour produire des savoirs sur les menstruations ?
- Comment ces activités participent-elle à produire (ou à mettre en cause) des normes corporelles, sexuelles et scientifiques ?
